La Toronto Mobile Bike Repair Co-op : un modèle à suivre

Par Kenzie Love

Même lorsqu’il était l’unique propriétaire de son commerce, Matteo Zammit n’a jamais voulu se sentir comme un patron. Après ses débuts en solo, ce réparateur de vélo torontois a recruté du personnel pour répondre à l’expansion de son atelier mobile, en conservant une structure organisationnelle plutôt horizontale. Quand ses deux collègues lui ont suggéré la transition vers une coopérative de travail, Matteo Zammit s’est montré ouvert à l’idée. Deux ans plus tard, il s’affirme très heureux de cette décision.

« C’est sûr que je ne traitais pas mes compagnons de travail, qui sont mes amis, comme des employés », précise-t-il. « J’ai toujours voulu l’ambiance qu’on a maintenant, même si on a changé les choses légalement. Depuis qu’on est copropriétaires, c’est très chouette pour moi de voir l’entreprise bénéficier encore plus de l’énergie, des connaissances et des talents de chacun. »

Durant sa transition, l’équipe de la Toronto Mobile Bike Repair Co-op a reçu l’appui de pairs du milieu coopératif. Notamment, le programme de subventions pour aide technique de la FCCT lui a fourni du soutien concret pour la conversion en coop. De plus, des membres de SendIt Courier et d’Urbane Cyclist ont offert des conseils avec plaisir, ce qui est apparu très précieux pour Julien Abraham, un autre des cofondateurs.

« J’ai lancé quelques entreprises dans le passé, mais elles opéraient de manière plus classique », indique-t-il. « C’était aussi un contexte différent et beaucoup plus compétitif, où l’on gardait secrètes nos stratégies d’affaires. J’ai trouvé très rafraîchissant de rencontrer ce milieu centré sur la coopération plutôt que sur la concurrence. »

L’apprentissage de la collaboration au sein de l’équipe a parfois engendré des difficultés, ajoute Julien Abraham, même s’il demeure convaincu que la gouvernance par consensus représente l’une des forces du modèle.

« Nous passons beaucoup de temps à découvrir ensemble nos zones de confort et nos modes d’interaction, sans mettre de côté la productivité », dit-il. « C’est parfois plus facile si quelqu’un dit : “Faisons selon ma volonté”. C’est d’ailleurs pourquoi tant d’entreprises opèrent ainsi. Mais, dans une coop, le processus décisionnel prend une place importante. Il s’agit du plus grand défi, mais aussi de la plus belle récompense, pour moi en tout cas. Lorsqu’on ouvre la discussion, on voit tout ce que les autres apportent, notamment des idées auxquelles on n’aurait même pas pensé. »

Pour l’avenir, la coopérative espère intégrer plus de membres et multiplier sa clientèle. Matteo Zammit croit que Toronto Mobile Bike Repair peut inspirer son secteur et servir d’exemple de fonctionnement idéal.

« Notre réussite la plus chouette et la plus importante, c’est qu’on facilite l’entretien de bicyclettes et on le rend plus abordable, pour ultimement créer des villes agréables pour les cyclistes », ajoute-t-il. « Nous aurons toujours besoin d’ateliers de mécanique, mais la majorité des réparations ne nécessitent pas de se déplacer jusqu’à une boutique. Les mécanos peuvent se rendre aux propriétaires de vélos, et tout devient plus simple. J’aimerais vraiment que ce modèle d’affaires rayonne dans le monde autour de nous. »