La ferme coopérative Besties célèbre l’alimentation et l’amitié

Par Kenzie Love

Les personnes fondatrices de la Besties Cooperative Farm ont uni leurs forces l’an dernier, mues par un mandat très simple, comme on peut le lire sur leur site internet : « Nous sommes juste quelques ami.e.s qui veulent vous nourrir! »

Les trois membres de la coopérative (Michael Gavin, Curtis Reynolds et Nicole Boere) se sont rencontré.e.s en 2022 grâce à Young Agrarians, un réseau de ressources éducatives par et pour les personnes fermières, destiné à la jeunesse canadienne intéressée par l’agriculture écologique, biologique et régénératrice. Après avoir noué des liens dans ce contexte, le trio est resté en communication au fil des années, pour finalement saisir l’occasion de créer sa propre ferme.

« On avait déjà une relation d’amitié, et on avait tous les trois de l’expérience en agriculture sous une forme ou une autre », indique Gavin. « On a simplement décidé de le faire ensemble plutôt que chacun.e de notre côté ».

Implanté à De Winton, juste au sud de Calgary, le groupe a constaté que ses objectifs et valeurs s’alignaient avec le modèle de la coopérative de travail, qui s’est alors imposé comme choix logique.

« Je crois que le modèle coopératif nous permettait d’avoir les emplois flexibles ou stables qu’on voulait en agriculture, tout en continuant à collaborer », affirme Nicole Boere. « C’était vraiment pour créer notre propre stabilité d’emploi. Aussi, les valeurs coopératives en général concordaient avec le travail qui nous intéressait : sa façon d’équilibrer les aspects communautaires et sociaux, les éléments environnementaux, mais également les aspects économiques de la gestion d’entreprise. »

Les trois ami.e.s font pousser une grande variété de produits, qu’ils vendent dans les marchés fermiers, ainsi que par le biais d’un programme d’agriculture soutenue par la communauté et de la distribution en gros. Tout cela constitue une expérience gratifiante pour les membres de la coop. De plus, ce modèle leur a permis de renforcer leurs liens entre eux, mais aussi avec leur clientèle et avec le territoire qui les accueille, à l’aide d’une approche agroécologique qui évite le labour du sol et l’usage d’herbicides et de pesticides. Curtis Reynolds est d’avis que le modèle coopératif attire particulièrement la clientèle. 

« Je pense qu’évidemment, les gens s’intéressent aux légumes et aux produits qu’on récolte, mais ils répondent aussi positivement à la nature de notre entreprise coopérative, à notre ferme de première génération qui est non traditionnelle de nombreuses façons dans sa manière de cultiver la terre », indique-t-il. « Et notre nom vend vraiment bien notre récit. Et je crois que les gens aiment ça et le comprennent. »

Nicole Boere met toutefois en garde qu’une collaboration avec ses amis proches ne garantit pas nécessairement un consensus en tout temps. Les membres de la Besties ont réussi à surmonter des situations de désaccord, et la fermière attribue en partie ce succès à la démarche d’exercices de valeurs et de création d’une matrice des rôles et responsabilités. Elle recommande d’ailleurs fortement ces étapes aux autres coopératives de travail.

« Ne sous-estimez pas ce type de projet », indique-t-elle. « Aussi étrange que ça peut paraître de le faire avec des gens qu’on connaît et qu’on voit tout le temps, je pense que c’est très important de s’assurer une compréhension commune, claire et explicite. »

Bien que la coop soit à l’aise avec sa taille actuelle, elle espère servir d’inspiration à d’autres qui partagent cette vision d’un système alimentaire local qui soit solide, diversifié et résilient.

« On veut soutenir d’autres fermières et fermiers, d’autres productrices et producteurs potentiels », ajoute Michael Gavin. « On cherche des manières de continuer à faire les choses de cette façon et de rendre accessible notre modèle comme coopérative, pour qu’il fonctionne autant pour nous que pour notre clientèle. »