Une déclaration des Nations Unies braque les projecteurs sur le potentiel des coopératives

Par Kenzie Love

La récente résolution adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies pour souligner une Année internationale des coopératives tous les dix ans a été applaudie par le secteur coopératif comme une déclaration historique. L’an dernier marquait la deuxième édition de cette célébration et maintenant qu’elle est terminée, c’est l’occasion de revenir sur ses objectifs et les efforts déployés pour les réaliser et de réfléchir à l’incidence de cette déclaration à long terme.

La deuxième Année internationale des coopératives cherchait à atteindre quatre objectifs : accroître la sensibilisation du public, promouvoir la croissance et le développement, plaider en faveur de cadres de soutien et encourager le leadership. 

S’ils semblent ambitieux pour une seule année, il convient de rappeler, comme l’a fait remarquer Joseph Njuguna, directeur des politiques à l’Alliance coopérative internationale (ACI), que l’Année internationale des coopératives doit être considérée comme un point de départ et non comme une ligne d’arrivée, et que son legs se mesurera à l’aune des résultats à long terme, et non pas uniquement à ceux obtenus au cours de cette année-là.

Cela étant dit, nous avons observé des développements encourageants dans le secteur mondial des coopératives en 2025 : à l’échelle nationale, des gouvernements ont modifié ou adopté des lois relatives aux coopératives et sur le plan international, une série de sommets et d’événements a mis en lumière la valeur de la coopération. Parmi les autres réalisations notables, on peut citer la publication d’une série de notes de politique intitulées « Construire ensemble un monde meilleur : contributions coopératives aux ODD » par l’ACI et le Committee for the Promotion and Advancement of Co-operatives (COPAC); la promotion de récits d’innovation, de résilience et d’influence du secteur coopératif au moyen du logo de l’Année internationale des coopératives 2025 et du mot-clic #CooperativesBuildABetterWorld; ainsi qu’un sondage sur l’incidence mondiale de cette célébration, qui sera diffusé sous peu, pour consigner de manière permanente les leçons et les résultats précieux. La décision des Nations Unies a également redonné aux coopératives une certaine confiance que le mouvement a véritablement le potentiel de construire un monde meilleur, ce qui ne veut pas dire que la voie pour y arriver ne sera pas tortueuse.

Les problèmes qui sévissent actuellement dans le monde sont bien connus : la crise climatique, l’explosion des inégalités de revenu, la polarisation croissante des idéologies, le manque de confiance envers bon nombre des institutions qui s’efforcent de trouver des solutions et bien d’autres encore.

Les coopératives ont déjà démontré, cependant, qu’elles sont à la hauteur de ces défis. Le modèle coopératif n’est pas nouveau; bien que ses origines soient souvent attribuées à la Société équitable des pionniers de Rochdale, fondée dans les années 1840, il existe informellement depuis plus longtemps et dans de nombreuses cultures différentes. Il y a des coopératives partout dans le monde. Elles inspirent une grande confiance chez le public, à une époque où c’est une denrée rare, et ont démontré leur résilience là où de nombreuses entreprises conventionnelles ont échoué. Le principal problème du secteur coopératif, malgré les défis indéniables qui lui sont propres, ne tient pas à un manque d’innovation, mais plutôt à un besoin de sensibilisation, de ressources et d’engagement pour mettre en pratique les solutions qu’il a déjà développées.

« La question n’est plus de savoir si les solutions coopératives fonctionnent ou non – la réponse est oui », explique Howard Brodsky, président du conseil d’administration et cofondateur de CCA Global Partners. « La question est de savoir si nous voulons investir collectivement dans un système commun qui nous permet de façonner l’avenir à l’échelle qu’exige le moment présent. »

Il est malheureux que certaines personnes doutent toujours de l’intérêt d’investir dans un modèle ayant fait ses preuves, mais espérons que d’ici la prochaine Année internationale des coopératives, le monde aura pris conscience de ce que le secteur coopératif sait depuis longtemps. Les coopératives n’ont pas seulement le potentiel de bâtir un monde meilleur; elles sont déjà en train de le faire.